Le bingo a un drôle de talent : il se comprend en quelques minutes, se prépare avec trois fois rien et supporte presque toutes les fantaisies. Le principe de départ tient dans une grille, des éléments à repérer et une ligne à compléter. À partir de là, vous pouvez remplacer les numéros par des images, des mots, des sons, des opérations, des gestes ou même des trouvailles repérées au jardin. Et soudain, le carton un peu sage du bingo traditionnel prend des airs de terrain de jeu.
Avec des enfants, cette souplesse est précieuse. Vous adaptez la taille des grilles à leur âge, raccourcissez une manche quand l’attention baisse, ajoutez un défi quand les joueurs connaissent déjà la règle et changez de thème sans réapprendre tout le jeu. Un 3 × 3 convient très bien aux plus jeunes ; un 4 × 4 ou un 5 × 5 offre davantage de suspense aux plus grands.
Le bingo travaille aussi plusieurs capacités sans transformer la table en salle de classe. Écouter une consigne, observer, reconnaître un mot, associer deux informations, patienter pendant le tour des autres, contrôler sa grille : tout cela se glisse dans la partie. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le bingo est un jeu éducatif si facile à détourner selon l’âge ou le sujet du moment.
Voici dix variantes qui changent réellement la façon de jouer. Certaines sont calmes, d’autres font bouger tout le monde, et quelques-unes ont le chic pour provoquer des discussions très sérieuses sur des sujets aussi graves que « Est-ce qu’un bruit de fermeture éclair compte comme un grincement ? ».
1. Le bingo des images
Commencez par la version la plus accessible et idéale pour les jeunes enfants : remplacez les numéros par des illustrations. Sur chaque grille, placez par exemple un chat, un ballon, une pomme, une voiture, une étoile, un bateau et quelques autres dessins faciles à identifier.
Préparez ensuite les mêmes images sur de petites cartes. Piochez-en une, montrez-la ou nommez-la, puis laissez les enfants chercher la case correspondante. Pour une première partie, une grille de neuf cases suffit largement.
Vous pouvez également jouer sans montrer la carte tirée. Dites simplement « lion », « chaussette » ou « gâteau » et demandez aux joueurs de repérer l’image. Cette petite modification sollicite davantage l’écoute et l’association entre le mot entendu et sa représentation.
Pour corser une nouvelle manche, ne donnez plus le nom directement. Dites : « C’est un animal qui rugit », « On le met au pied » ou « On souffle dessus pour son anniversaire ». Les enfants doivent alors comprendre l’indice avant de chercher la bonne case.
2. Le bingo des mots
Dès que les enfants commencent à lire, transformez les cases en petits terrains d’entraînement. Inscrivez des mots connus sur les cartons : animaux, couleurs, aliments, objets de la maison, verbes d’action ou vocabulaire étudié à l’école.
La règle la plus simple consiste à annoncer chaque mot. Les joueurs le lisent sur leur grille et le couvrent avec un pion. Ensuite, changez la façon de donner les indices. Au lieu de dire « lapin », annoncez « un animal aux longues oreilles ». Pour « courir », mimez l’action. Pour « rouge », montrez un objet de cette couleur.
Avec des lecteurs plus aguerris, utilisez des définitions, des synonymes, des contraires ou de petites phrases à compléter. La partie prend alors un tour presque mystérieux : personne ne sait exactement quel mot va sortir de votre indice.
Vous pouvez aussi confier le rôle de meneur à un enfant. Il lit les cartes à voix haute, articule, surveille les grilles et annonce le gagnant. Voilà une manière agréable de faire circuler les rôles plutôt que de laisser l’adulte tenir la pioche pendant vingt minutes.
3. Le bingo des sons
Ici, personne ne tire de numéro. Vous faites entendre un son et les joueurs cherchent ce qui l’a produit. Une clochette, des clés que l’on secoue, une feuille froissée, de l’eau versée dans un verre, une fermeture éclair, deux cuillères que l’on entrechoque : votre maison cache déjà une jolie collection sonore.
Sur les cartons, placez les dessins ou les noms des objets. Cachez-vous derrière une porte, un carton ou un drap pour que les enfants ne voient pas votre geste. Ils écoutent, identifient le bruit et couvrent la case correspondante.
Cette version fonctionne très bien avec un petit groupe, car chacun peut expliquer son choix. Si deux sons se ressemblent, ne tranchez pas trop tôt : refaites-les entendre et invitez les joueurs à comparer.
Pour les plus grands, glissez quelques sons proches : papier déchiré et papier froissé, verre tapoté avec une cuillère et tasse en céramique, porte qui se ferme et tiroir que l’on pousse. La manche réclame alors une oreille attentive.
4. Le bingo des calculs
Écrivez des résultats dans les cases : 6, 8, 10, 12, 15, 20… Puis annoncez des opérations au lieu d’appeler directement les nombres. Si vous dites « 4 + 4 », les enfants couvrent le 8. Avec des joueurs plus avancés, mélangez additions, soustractions, multiplications ou petits problèmes.
Adaptez la difficulté avec soin. Un enfant qui découvre l’addition n’a aucun intérêt à se retrouver face à « 7 × 8 » sous prétexte que son grand frère trouve cela facile. Préparez plusieurs cartons ou plusieurs séries de cartes de tirage.
Vous pouvez aussi inverser le principe : placez les opérations dans les cases et annoncez les résultats. Cette version oblige les joueurs à examiner plusieurs calculs avant de trouver celui qui correspond.
Pour éviter qu’un enfant plus rapide ne donne toutes les réponses à voix haute, imposez une règle amusante : le calcul se fait « dans la tête de détective ». Chacun pose son pion en silence. La vérification vient ensuite.
5. Le bingo de la nature
Prenez les grilles au jardin, au parc, en forêt ou pendant une promenade. Remplacez les éléments tirés au sort par des choses à repérer : une feuille dentelée, un oiseau, une fleur jaune, une fourmi, une pomme de pin, quelque chose de doux, une trace dans la boue, un bruit d’eau ou une pierre plus grande que la main.
Dans cette variante, le hasard vient de l’environnement. Les enfants observent autour d’eux et cochent ce qu’ils trouvent. Une ligne complétée peut suffire pour gagner, mais vous pouvez aussi proposer un carton entier lors d’une balade plus longue.
Mélangez les sens. Une bonne grille ne se limite pas à « voir ». Ajoutez « entendre un oiseau », « sentir une fleur », « toucher une écorce rugueuse » ou « repérer quelque chose qui bouge avec le vent ». Bien sûr, choisissez uniquement des actions adaptées au lieu et rappelez qu’on observe les animaux sans les capturer et qu’on évite de cueillir ce qui n’a pas besoin de l’être.
Cette formule donne un objectif aux promenades qui traînent parfois un peu en longueur. L’enfant qui demandait cinq minutes plus tôt « On rentre quand ? » se met soudain à chercher une plume avec la concentration d’un explorateur.
6. Le bingo musical
Avec un bingo musical, les cases contiennent des titres de chansons, des artistes, des personnages associés à des comptines ou, pour les plus jeunes, de petites images rappelant les morceaux choisis.
Lancez quelques secondes d’une chanson. Si un joueur reconnaît le morceau présent sur son carton, il couvre la case. Selon l’âge, vous pouvez accepter une reconnaissance immédiate ou demander le titre exact avant de valider.
Variez les manches : génériques de dessins animés, chansons de films, comptines, morceaux connus de toute la famille, musiques d’une fête ou chansons apprises en classe. Pour éviter qu’une personne ayant préparé la sélection connaisse l’ordre, mélangez la liste de lecture avant le début.
Une autre option consiste à jouer avec des instruments. Faites entendre un tambourin, des maracas, un piano, une guitare ou un triangle, en direct ou grâce à de courts extraits. Les enfants cherchent alors le nom ou l’image de l’instrument.
7. Le bingo des gestes
Préparez des cases avec de petites actions : sauter cinq fois, tourner sur soi-même, marcher comme un crabe, toucher ses orteils, faire trois pas de géant, tenir sur un pied, imiter un robot, avancer au ralenti.
Au lieu de couvrir simplement une case quand elle est tirée, tout le monde exécute le mouvement. Ensuite seulement, les joueurs posent leur pion s’ils possèdent cette action sur leur grille.
Le rythme change complètement. Le bingo n’est plus un jeu où l’on attend sagement sur sa chaise : la pièce se remplit de bonds, de bras en l’air et de robots dont la mécanique semble parfois franchement défectueuse.
Prévoyez une zone dégagée, choisissez des gestes adaptés à l’âge et évitez les défis qui demandent des acrobaties. En intérieur, préférez les mouvements courts. Dehors, vous pouvez élargir avec une petite course jusqu’à un repère, un lancer imaginaire ou dix secondes de danse.
8. Le bingo des devinettes
Cette variante reprend le plaisir de la grille, mais supprime l’annonce directe. Chaque case correspond à une réponse. Vous lisez une devinette, une description ou trois indices, puis les enfants cherchent ce qui convient.
Exemple : la grille contient « banane ». Vous dites : « Je suis un fruit. Je suis jaune. Les singes m’aiment beaucoup dans les histoires. » Pour « vélo » : « J’ai deux roues, un guidon et des pédales. »
Avec les plus grands, rendez les indices moins évidents. Vous pouvez préparer un bingo sur les animaux, les métiers, les pays, les objets, les personnages de contes ou le vocabulaire d’un thème étudié.
Le grand intérêt de cette version tient au petit temps de réflexion placé entre l’indice et la case. Les joueurs ne cherchent plus seulement une correspondance visuelle : ils doivent interpréter ce qu’ils entendent. Et si plusieurs réponses semblent plausibles, la discussion fait partie du jeu.
9. Le bingo-chasse au trésor
Ici, chaque case indique une mission à accomplir ou un objet à trouver. À la maison : « quelque chose de rond, « un objet plus petit que votre main », « quelque chose qui commence par B », « un objet doux », « trois choses de la même couleur ». Lors d’un anniversaire : « trouver quelqu’un qui porte du bleu », « repérer trois ballons », « retrouver un objet caché dans le jardin.
Décidez avant la partie si les joueurs doivent rapporter les objets, simplement les montrer ou les noter. Pour éviter une migration massive de coussins, chaussettes et ustensiles de cuisine au milieu du salon, la deuxième option possède quelques avantages évidents.
Vous pouvez jouer individuellement, en binômes ou par petites équipes. La coopération marche très bien avec les jeunes enfants : un lecteur accompagne un plus petit, chacun cherche et les deux valident ensemble les cases. Pour une version calme, remplacez la course par l’observation. Les joueurs se déplacent tranquillement avec leur grille et cochent les missions au fil de leurs découvertes.
10. Le bingo coopératif
Le bingo classique oppose les joueurs. Changez la règle : donnez une grande grille commune au groupe et fixez un objectif collectif. Les enfants doivent compléter une ligne, deux lignes ou tout le carton avant que la pioche ne soit vide, avant la fin d’une chanson ou avant qu’un sablier ne s’écoule.
Vous pouvez reprendre n’importe quel thème des neuf variantes précédentes. Avec des images, chaque enfant cherche une case. Avec des calculs, les joueurs discutent du résultat. Avec des gestes, tout le groupe réalise les actions. Avec la nature, chacun signale ses découvertes.
Cette formule évite les petites déconvenues du type « Je n’ai jamais gagné de ma vie », prononcé avec la gravité d’un personnage de tragédie après deux manches et demie. Elle encourage aussi les enfants à vérifier ensemble les propositions et à partager leurs trouvailles.
Pour garder une dose de suspense, ajoutez quelques cartes « défi ». Quand l’une d’elles sort, le groupe doit réussir une mission rapide : réciter l’alphabet jusqu’à une lettre donnée, trouver trois mots commençant par S, faire une statue collective ou répondre à une devinette.
11. Le bingo des émotions
Préparez des grilles avec différentes émotions représentées par des visages : joie, colère, peur, surprise, tristesse, fierté, gêne, excitation, ennui… Adaptez évidemment le nombre de nuances à l’âge des enfants.
Pour une première partie, nommez simplement une émotion et laissez chacun chercher le visage correspondant. Puis rendez le jeu plus intéressant en racontant de petites situations : « Votre glace tombe par terre juste après l’avoir achetée », « Vous découvrez un cadeau sous votre oreiller » , etc.
Les enfants doivent déterminer quelle émotion pourrait correspondre à la scène. Il n’existe pas toujours une seule réponse. L’un peut choisir la surprise tandis qu’un autre sélectionne la peur. Profitez-en pour demander : « Pourquoi avez-vous choisi celle-ci ? »
Vous pouvez également mimer les émotions sans parler. Les joueurs observent votre visage et votre posture avant de poser leur jeton. Puis confiez les mimes aux enfants. Certaines interprétations de la colère risquent d’avoir des airs de monstre enrhumé, mais cela fait aussi partie du charme.
Vous pouvez aussi imprimer un bingo des émotions !
12. Le bingo de l’alphabet
Inscrivez des lettres dans les cases et préparez plusieurs façons de les annoncer. La plus simple consiste à tirer une lettre et à la nommer. Mais ce serait dommage de s’arrêter là.
Dites plutôt un mot et demandez aux enfants de repérer sa première lettre. Vous annoncez « maison », ils cherchent le M ; « ballon », ils couvrent le B. Lorsque cette règle devient facile, travaillez le son final ou demandez de trouver la lettre cachée au milieu d’un mot court.
Avec des lecteurs plus grands, placez des syllabes sur les grilles. Annoncez bateau et cherchez « ba », tomate et cherchez « to ». Vous pouvez aussi demander aux enfants d’inventer eux-mêmes un mot commençant par la lettre qu’ils souhaitent couvrir.
Cette version se transforme facilement selon les apprentissages du moment, sans donner l’impression de ressortir un exercice scolaire après le goûter. Et ce détail compte beaucoup quand le goûter vient justement de se terminer.
13. Le bingo des rimes
Remplissez les cartons avec des mots simples : chat, pain, souris, bateau, fleur, maison, lune, lapin… Au lieu d’annoncer directement l’un de ces mots, donnez-en un autre qui rime.
Vous dites « rat », les enfants cherchent « chat ». Vous annoncez « cadeau », ils repèrent « bateau ». Avec les plus jeunes, utilisez des images afin que la lecture ne ralentisse pas la partie.
Ne cherchez pas des rimes dignes d’un concours de poésie. L’objectif consiste surtout à faire entendre les ressemblances entre les sons. Lorsque plusieurs réponses fonctionnent, acceptez-les si elles figurent sur la grille.
Pour une manche plus créative, tirez une case puis demandez au joueur de proposer lui-même une rime avant de poser son jeton. Si le mot choisi est « ballon », vous entendrez peut-être « maison », « poisson » ou quelques inventions inédites. Gardez les trouvailles amusantes : jouer avec les sons passe aussi par une petite dose de fantaisie.
14. Le bingo « Trouvez quelqu’un qui… »
Cette variante convient bien aux anniversaires, aux groupes qui se connaissent peu ou aux activités collectives. Les cases ne contiennent ni nombres ni dessins, mais de petites descriptions :
« aime les fraises »
« a un animal à la maison »
« sait faire du vélo »
« porte quelque chose de bleu »
« connaît une blague »
« a déjà pris le train »
« préfère les chats aux chiens »
Chaque enfant circule dans le groupe et cherche une personne correspondant à une case. Lorsqu’il la trouve, cette personne signe la case ou donne simplement son prénom.
Fixez une règle pour éviter qu’un seul copain ne remplisse toute la grille. Par exemple, chaque personne ne peut valider qu’une ou deux cases sur le même carton.
Choisissez bien les affirmations. Écartez les questions trop personnelles, celles qui concernent l’apparence physique ou celles qui pourraient mettre un enfant mal à l’aise. Préférez les goûts, les loisirs, les expériences ordinaires et les petits talents.
Le résultat ressemble davantage à un jeu de rencontres qu’au bingo traditionnel, tout en conservant le plaisir de compléter une ligne.
15. Le bingo des histoires
Voici une variante parfaite pour accompagner une lecture. Avant de commencer une histoire, distribuez des grilles contenant des personnages, des objets, des lieux ou des actions susceptibles d’apparaître dans le récit.
Pour un conte, les cases pourraient contenir : forêt, château, loup, couronne, cheval, rivière, porte, nuit, gâteau… Pendant votre lecture, les enfants écoutent et couvrent les éléments au moment où ils les entendent.
Ne donnez pas tous les mots dès la première page, évidemment. Le plaisir vient de l’attente : est-ce que ce fichu dragon va enfin arriver avant que Léa complète sa diagonale ?
Avec les grands, remplacez les objets par des événements plus précis : un personnage ment, quelqu’un se perd, un objet est cassé, un personnage aide quelqu’un ou une décision change l’histoire.
Le joueur doit alors suivre le récit avec plus d’attention au lieu de guetter un simple nom.
16. Le bingo des odeurs
Voici une version qui change franchement du carton posé sur la table. Préparez plusieurs petits contenants opaques avec des odeurs faciles à reconnaître : citron, vanille, chocolat, café, cannelle, menthe, orange ou herbes aromatiques, par exemple.
Les grilles comportent les noms ou les images correspondantes. Faites sentir un contenant sans montrer ce qu’il renferme. Les joueurs essaient d’identifier l’odeur puis couvrent leur case.
Évitez les produits irritants, les substances inconnues et tout ingrédient susceptible de poser problème à un enfant allergique. Inutile également de demander aux joueurs de coller le nez dans le récipient : une légère odeur suffit largement.
Vous pouvez préparer une version très simple avec trois ou quatre senteurs, puis augmenter peu à peu le nombre de possibilités.
Cette activité réserve parfois des surprises. La cannelle que vous pensiez reconnaître les yeux fermés peut soudain provoquer un débat passionné entre gâteau, Noël et odeur de chez mamie.
17. Le bingo des catégories
Dans cette variante, les cases contiennent des éléments appartenant à plusieurs familles : pomme, chien, pantalon, voiture, banane, chat, pull, vélo…
Au lieu d’annoncer un mot, donnez une catégorie : « un fruit », « un animal », « un vêtement », « un moyen de transport ». Les joueurs peuvent couvrir l’une des cases correspondant à cette famille.
Cette petite liberté introduit un choix tactique. Si un enfant possède trois animaux sur son carton, lequel va-t-il couvrir pour se rapprocher de sa ligne gagnante ?
Vous pouvez préciser ensuite les catégories : « un animal qui vole », « un aliment rouge », « quelque chose que l’on porte en hiver » ou « un objet que l’on trouve dans une cuisine ».
Pour les enfants plus âgés, préparez des familles plus fines : mammifères, verbes, formes géométriques, pays, instruments, métiers, aliments salés ou objets fabriqués en bois.
18. Le bingo des contraires
Écrivez sur les cartons des mots comme chaud, grand, rapide, sombre, lourd, plein, ouvert, loin ou propre. Lorsque vous tirez une carte, ne prononcez pas le mot de la grille mais son contraire.
Vous annoncez « froid » et les joueurs cherchent « chaud ». Vous dites « petit », ils couvrent « grand ». Vous lancez « fermé », ils repèrent « ouvert ».
Cette règle fonctionne très bien avec les adjectifs courants et quelques verbes simples : monter et descendre, entrer et sortir, rire et pleurer, allumer et éteindre.
Avec les plus jeunes, dessinez les oppositions : un grand arbre et un petit arbre, une boîte pleine et une boîte vide, une porte ouverte et une porte fermée.
Vous pouvez aussi retourner le principe en cours de partie. À partir d’un certain moment, annoncez le mot exact plutôt que son contraire. Les joueurs doivent alors écouter attentivement la nouvelle consigne au lieu d’appliquer mécaniquement la règle précédente.
19. Le bingo « vrai ou faux »
Préparez des grilles où chaque case contient une affirmation très courte, ou associez chaque case à un petit numéro correspondant à une affirmation que vous lirez.
Exemples : « Une araignée possède huit pattes », « Le Soleil tourne autour de la Terre », « Un triangle a trois côtés », « Les dauphins sont des poissons », « Paris est en France ».
L’enfant ne couvre une case que si l’affirmation répond à la règle annoncée au début : uniquement les phrases vraies, par exemple.
Vous pouvez également distribuer deux types de jetons, l’un pour « vrai » et l’autre pour « faux ». Dans ce cas, toute la grille peut être jouée et la vérification finale devient un moment de discussion.
Adaptez évidemment les affirmations aux connaissances des participants. Pour les petits, utilisez des informations du quotidien : « Les chaussures se mettent aux pieds », « Une banane est bleue », « Un poisson vit dans l’eau ».
Avec les grands, glissez quelques pièges raisonnables. Rien ne vaut ce petit silence collectif lorsque tout le monde réalise qu’il n’est soudain plus très sûr du nombre de pattes d’un insecte.
20. Le bingo à dessiner
Cette dernière variante abandonne presque complètement les cartons préparés à l’avance. Distribuez simplement une grille vide.
Annoncez successivement plusieurs choses à dessiner : un soleil, un chat, une maison, une fleur, une chaussure, un nuage… Les enfants placent chaque dessin dans la case de leur choix. Ils créent donc eux-mêmes leur propre carton.
Lorsque toutes les grilles sont prêtes, commencez le tirage. Chaque fois qu’un élément est annoncé, chacun couvre son dessin correspondant.
Comme les joueurs ont choisi eux-mêmes l’emplacement des images, les cartons diffèrent naturellement. Vous n’avez pas besoin de fabriquer dix modèles avant la partie.
Pour une version plus imaginative, ne demandez pas de dessiner des objets précis. Proposez plutôt « quelque chose qui vole », « quelque chose de rond », « un animal qui vous fait rire » ou « quelque chose que vous aimeriez emporter sur une île ».
Les dessins n’ont aucune obligation d’être beaux. Un chat ressemblant vaguement à une pomme de terre avec des moustaches compte parfaitement s’il représente bien un chat aux yeux de son auteur.
Et pourquoi ne pas mélanger plusieurs variantes ?
Une fois que les enfants connaissent le principe, rien ne vous oblige à choisir une seule formule. Fabriquez une partie en plusieurs manches : commencez par un bingo des sons, enchaînez avec quelques devinettes puis terminez par une grille de gestes.
Vous pouvez également fabriquer un carton mélangeant plusieurs types de cases. L’une demande de résoudre une addition, une autre d’identifier un son, une troisième de mimer une émotion et une quatrième de trouver un mot qui rime. Chaque tirage réserve alors une petite surprise.
Pour un anniversaire ou un après-midi pluvieux, préparez cinq mini-manches plutôt qu’une longue partie. Changez de règle toutes les dix minutes et attribuez un petit symbole au gagnant de chaque manche. À la fin, ne cherchez pas forcément un grand champion : le plaisir vient surtout de la variété.
Avec vingt façons de jouer, le bingo n’a finalement plus grand-chose du jeu de nombres que l’on imagine au départ. Une grille et quelques jetons suffisent pour travailler l’écoute, le langage, l’observation, la mémoire, le mouvement ou simplement déclencher quelques éclats de rire autour de la table.