Rentrée scolaire : ces coutumes que les enfants vivent ailleurs dans le monde

Rentrée joyeuse devant l’école

Un cartable neuf, des chaussures choisies avec attention, un petit-déjeuner avalé avec plus ou moins d’enthousiasme et cette fameuse question lancée sur le pas de la porte : « Tu es prêt ? »

La rentrée scolaire possède déjà son petit cérémonial dans bien des familles françaises. Ailleurs, le premier jour de classe prend parfois une tournure beaucoup plus spectaculaire.

En Allemagne, les enfants reçoivent un immense cornet rempli de surprises. Au Japon, les nouveaux élèves participent à une cérémonie solennelle. En Russie, une cloche marque le début de l’année. Au Ghana, les plus jeunes peuvent recevoir fournitures et petites douceurs. Quant à certaines écoles néo-zélandaises, elles accueillent les nouveaux venus au cours d’un pōwhiri issu de la culture māorie.

Ces pratiques n’ont ni la même origine ni la même portée. Certaines concernent tout un pays, d’autres des régions, des établissements ou des familles. Leur point commun ? Elles donnent une forme visible à ce drôle de passage entre les vacances et le retour en classe. Et lorsque vous avez six ans, un cornet géant rempli de friandises possède tout de même davantage de panache qu’un réveil réglé sur 7 h 05.

Allemagne : une Schultüte énorme

Difficile de parler des coutumes de rentrée sans commencer par cette traditioon de rentrée scolaire en Allemagne. Lors de leur première entrée à l’école primaire, les enfants reçoivent traditionnellement une Schultüte, grand cornet décoré rempli de friandises, de petits cadeaux et de fournitures scolaires.

Imaginez un cornet de glace qui aurait suivi un programme de musculation pendant tout l’été : vous obtenez à peu près la silhouette de certaines Schultüten.

La tradition remonte au moins au début du XIXe siècle, avec des traces plus anciennes encore dans certaines régions allemandes. À l’origine, on parlait aussi de Zuckertüte, littéralement « cornet de sucre ». Le principe était déjà là : adoucir symboliquement l’entrée dans le monde scolaire.

Aujourd’hui, les parents achètent ou fabriquent le cornet, puis le garnissent selon leurs envies. Vous pouvez y trouver des crayons, une trousse, des autocollants, un petit livre, quelques jouets et, bien sûr, des sucreries. Beaucoup de familles organisent ensuite un repas ou un goûter autour de l’enfant fraîchement scolarisé.

La photo du petit écolier tenant sa Schultüte contre lui appartient elle aussi au décor de cette journée. Le résultat devient souvent une véritable photo de famille transmise pendant des années, avec cette constatation amusante : le cornet paraît parfois plus grand que son propriétaire.

Japon : rentrée au printemps et cérémonie codifiée

Oubliez septembre. Au Japon, l’année scolaire commence au début du mois d’avril, lorsque le printemps s’installe. Cette période coïncide fréquemment avec la floraison des cerisiers, ce qui explique les nombreuses images de nouveaux élèves photographiés sous les sakura.

Pour les enfants qui entrent dans un nouvel établissement, et notamment pour ceux qui débutent l’école élémentaire, le nyūgakushiki, ou cérémonie d’entrée, marque officiellement cette étape.

Parents et élèves se réunissent dans le gymnase ou une grande salle de l’école. Les nouveaux venus entrent ensemble, parfois sous les applaudissements des plus âgés. Le directeur prend la parole, les enseignants sont présentés et des élèves déjà scolarisés peuvent adresser quelques mots aux nouveaux.

Un chant de l’école accompagne parfois la cérémonie. Puis viennent la découverte de la classe, les premières indications données par l’enseignant et les photographies commémoratives.

Le contraste avec une rentrée française peut surprendre. Là où nous pensons horaires, listes de fournitures et étiquettes collées, le Japon souligne plus l’entrée officielle dans une communauté scolaire.

Et ce cérémonial n’empêche nullement les enfants d’avoir le ventre un peu noué. Une cérémonie peut être bien organisée tout en contenant une trentaine de petits humains se demandant secrètement avec qui ils vont s’asseoir à la récréation.

Russie : le premier coup de cloche du Jour du savoir

En Russie, le 1er septembre porte un nom qui annonce la couleur : le Jour du savoir, ou Den Znaniy.

Cette date marque traditionnellement le début de l’année scolaire. Le Jour du savoir a obtenu son statut officiel en Union soviétique en 1984, mais le 1er septembre servait déjà de date commune pour la rentrée scolaire depuis plusieurs décennies.

Les écoles organisent fréquemment une cérémonie collective. Élèves, enseignants et familles se rassemblent dans la cour. Les tenues peuvent être soignées, les discours se succèdent et les enfants apportent volontiers des bouquets de fleurs à leurs professeurs.

Le moment le plus connu est celui du premier coup de cloche. Selon une tradition répandue, un élève plus âgé accompagne un enfant de première année qui fait sonner une petite cloche. Ce tintement annonce symboliquement le début de la nouvelle année scolaire.

Pour les nouveaux élèves, la scène possède une vraie force : les plus grands, presque au bout de leur parcours scolaire, accueillent ceux qui commencent tout juste le leur.

Voilà une idée intéressante à retenir lorsque vous cherchez à faire de la rentrée un moment spécial : un rituel fonctionne souvent mieux lorsqu’il matérialise le passage. Une photo annuelle, une petite cloche à la maison, un mot glissé dans le sac ou un petit-déjeuner inhabituel peuvent jouer ce rôle.

Inde : écrire ses premières lettres dans du riz

L’Inde offre un exemple très différent, car le Vidyarambham ne correspond pas exactement à une rentrée scolaire nationale. Il s’agit d’un rite d’initiation aux apprentissages observé surtout dans certaines régions du sud de l’Inde, notamment au Kerala.

Le nom peut être traduit par « commencement du savoir ». Lors de cette cérémonie, souvent organisée à l’occasion de Vijayadashami, de jeunes enfants tracent leurs premières lettres sous la conduite d’un adulte, d’un enseignant, d’un lettré ou d’une personne chargée du rituel.

Un plateau de riz peut servir de support. L’adulte guide doucement le doigt de l’enfant pour former ses premiers caractères. Selon les familles et les régions, les pratiques changent et peuvent prendre une dimension religieuse plus ou moins marquée.

Ce geste possède quelque chose de magnifique par sa simplicité : avant les cahiers à grands carreaux, les stylos qui fuient et les gommes mystérieusement disparues dès la deuxième semaine, il y a un doigt qui trace quelques signes dans des grains de riz. Le Vidyarambham rappelle aussi que « commencer l’école » ne signifie pas la même chose partout. Dans certaines cultures, le passage vers la lecture et l’écriture possède son propre rituel, séparé du calendrier administratif des établissements.

Nouvelle-Zélande : entrer dans l’école par un pōwhiri

En Nouvelle-Zélande, ne cherchez pas une coutume nationale identique dans chaque établissement. En revanche, certaines écoles accueillent les nouveaux élèves, leurs familles ou de nouveaux membres du personnel par un pōwhiri, cérémonie d’accueil issue de la culture māorie.

Traditionnellement associé au marae, le pōwhiri peut aussi être organisé dans d’autres lieux, dont les écoles. Sa forme dépend du contexte et de l’établissement.

Les nouveaux venus, appelés manuhiri, sont accueillis par les membres de la communauté qui les reçoivent. Appels cérémoniels, prises de parole, chants et gestes d’accueil peuvent ponctuer le déroulement.

Pour un enfant qui découvre son école, le message change subtilement. On ne lui indique pas uniquement sa salle de classe ou le crochet où accrocher son manteau : on lui signifie qu’il entre dans une communauté.

Cette dimension collective mérite l’attention. Beaucoup d’angoisses de rentrée viennent de petites questions très simples : « Qui sera dans ma classe ? », « Où vais-je aller ? », « Est-ce que quelqu’un me connaît ? » Un accueil organisé donne immédiatement des repères sociaux.

Corée du Sud : mars ouvre l’année scolaire

La rentrée coréenne arrive elle aussi au printemps. En Corée du Sud, l’année scolaire commence officiellement le 1er mars, même si le premier jour de présence des élèves varie en fonction du calendrier.

Les nouveaux inscrits participent à une cérémonie d’entrée, appelée iphaksik. Parents et élèves se retrouvent dans l’établissement pour marquer le début de cette nouvelle période scolaire.

Les formes changent d’une école à l’autre : discours du directeur, présentation des enseignants, découverte des locaux, photos familiales, activités préparées pour accueillir les enfants… Certaines écoles donnent une tonalité très cérémonieuse à la journée, tandis que d’autres choisissent un format plus ludique.

En mars 2026, par exemple, une école élémentaire de Séoul a accueilli ses nouveaux élèves avec des couronnes en papier, un espace réservé aux photos familiales et la lecture d’un album jeunesse par le directeur. Voilà qui change un peu du traditionnel « rangez-vous deux par deux ».

Derrière ces variantes, vous retrouvez le même principe qu’au Japon : l’entrée à l’école mérite une journée identifiable dans les souvenirs de l’enfant.

Ghana : « My First Day at School »

Au Ghana, la rentrée possède aussi son accueil destiné aux plus jeunes : My First Day at School.

Cette initiative est organisée à l’occasion du début de l’année scolaire afin d’accueillir les enfants qui entrent pour la première fois en maternelle ou dans les premières classes de l’enseignement élémentaire.

Dans différentes municipalités et districts, des responsables locaux et éducatifs visitent les écoles. Les enfants peuvent recevoir des cahiers, crayons, gommes, sacs ou autres fournitures, parfois accompagnés de biscuits et de boissons. Le programme existe depuis plusieurs années et se poursuit encore. En 2026, plusieurs districts ghanéens organisaient de nouveau ces visites d’accueil auprès des nouveaux élèves.

La démarche cherche notamment à associer les premiers pas à l’école à une expérience positive. Un cahier neuf ou quelques crayons ne ressemblent peut-être pas à un trésor pour un adulte, mais offrez une boîte de crayons impeccablement taillés à un enfant de cinq ans et observez la cérémonie d’ouverture.

À la maison aussi, quelques jeux pour la rentrée scolaire peuvent prolonger cette ambiance et aider votre enfant à parler de sa classe, mémoriser les prénoms ou rire de ses petites inquiétudes.

Vietnam : le tambour qui ouvre l’année scolaire

Au Vietnam, la rentrée ne se résume pas à retrouver sa classe et à vérifier avec qui l’on partagera son bureau. Le 5 septembre donne lieu à une cérémonie d’ouverture appelée lễ khai giảng, dans tout le pays.

Les élèves se rassemblent dans la cour. Discours, chants, salut au drapeau et moments festifs accompagnent cette matinée qui possède un statut bien différent d’un simple premier jour de cours.

L’action emblématiques arrive lorsque retentit le tambour de la rentrée. Les coups frappés sur un grand tambour annoncent l’ouverture de la nouvelle année scolaire. La scène a une force visuelle indéniable : plusieurs centaines d’élèves réunis dans une cour, puis des battements qui donnent le signal du départ.

Cette tradition existe encore dans les écoles vietnamiennes actuelles. Lors de la rentrée 2026-2027, les cérémonies ont ainsi été organisées simultanément le 5 septembre dans tout le pays, avec le fameux tambour dans de nombreux établissements.

Pour les plus jeunes, cette mise en scène facilite aussi la compréhension de ce qui se passe. Les vacances sont derrière eux, une nouvelle période commence. Aucun agenda familial n’aurait annoncé la chose avec autant de conviction qu’un énorme tambour au milieu de la cour.

Pologne : petits élèves « adoubés » avec un crayon géant

En Pologne, l’entrée en première année réserve une surprise dont rêveraient sans doute quelques chevaliers en herbe : le pasowanie na ucznia, littéralement l’admission ou « l’adoubement » en tant qu’élève.

La cérémonie n’a pas exactement la même forme dans chaque établissement et peut être organisée dès la rentrée ou quelques semaines plus tard. Les enfants récitent souvent des textes, chantent, présentent un petit spectacle puis prononcent un serment devant leurs enseignants et leurs familles.

Arrive ensuite le moment le plus savoureux : le directeur touche l’épaule de chaque enfant avec… un crayon géant, parfois remplacé par une grande plume ou un autre objet scolaire surdimensionné.

À partir de cet instant, le jeune écolier est officiellement accueilli dans la communauté de l’établissement. Des diplômes, médailles ou petits cadeaux peuvent compléter la cérémonie.

Le rapprochement avec un adoubement saute aux yeux, même si l’origine précise de cette pratique scolaire n’est pas clairement établie. Le crayon XXL a en tout cas un avantage sur l’épée : il cadre beaucoup mieux avec une classe de CP. L’enfant ne vient plus visiter une école avec ses parents : il en fait partie.

Danemark : drapeaux, chansons et photo du cartable

Au Danemark, la première journée des plus jeunes possède souvent une atmosphère très familiale. Les parents accompagnent les enfants, les enseignants prennent le temps des présentations et la matinée peut être beaucoup plus courte qu’une journée scolaire ordinaire.

Selon les écoles, chants, discours d’accueil et petit-déjeuner collectif ponctuent cette première rencontre. Les drapeaux danois apparaissent aussi lors des célébrations : des élèves plus âgés peuvent les agiter pour accueillir les nouveaux arrivants et certains établissements organisent une véritable petite haie d’honneur.

Dans une école de Copenhague, les nouveaux élèves ont par exemple été reçus par leurs camarades munis de drapeaux avant de découvrir une pomme déposée sur chaque bureau. Toutes les écoles danoises ne reproduisent pas ce scénario au détail près, mais l’accueil collectif et festif se retrouve.

Une autre habitude a largement quitté l’école pour entrer dans les familles : la photo du premier jour. L’enfant pose avec son cartable avant de partir, puis la scène est répétée d’année en année.

Le principe paraît banal jusqu’au moment où vous alignez dix photos prises au même endroit. Le sac qui semblait gigantesque la première année finit par paraître minuscule, la coiffure change, quelques dents disparaissent puis repoussent et vous obtenez une petite chronologie de l’enfance.

Philippines : toute la communauté prépare l’école

Aux Philippines, la tradition commence avant même que les enfants ne s’installent derrière leur pupitre. Chaque année, Brigada Eskwela mobilise parents, enseignants, habitants, anciens élèves et autres volontaires afin de préparer les écoles publiques pour la rentrée.

Le mot brigada donne une bonne idée de l’ambiance : on se retrousse les manches.

Pendant cette mobilisation, les participants nettoient les salles, repeignent certains espaces, effectuent de petites réparations, arrangent le mobilier ou remettent les extérieurs en état. Des entreprises et des habitants peuvent aussi apporter du matériel et des fournitures.

Le programme existe depuis le début des années 2000 et a progressivement pris une dimension nationale. Il s’appuie sur le bayanihan, une notion philippine associée à l’entraide et à l’action collective. En 2026 encore, des opérations Brigada Eskwela ont précédé l’ouverture des classes dans différentes régions du pays.

La coutume se distingue donc des précédentes : ici, l’enfant n’est pas toujours le personnage principal d’une cérémonie. C’est la communauté entière qui prépare le décor avant son arrivée.

Pour les familles qui participent, cette préparation change le rapport à l’établissement. L’école n’est plus uniquement le bâtiment dans lequel les enfants disparaissent chaque matin avec leur sac sur le dos. Parents, enseignants et voisins contribuent ensemble à l’endroit où ils vont apprendre pendant l’année.

Norvège : un premier jour mis en scène

En Norvège, l’accueil des élèves de première année prend souvent la forme d’un rassemblement devant l’école. Parents et enfants arrivent ensemble, parfois habillés avec davantage de soin que pour une journée ordinaire, tandis que le drapeau norvégien accompagne fréquemment la cérémonie.

Le directeur ou la directrice prononce quelques mots, les enseignants sont présentés et les enfants sont appelés pour rejoindre leur groupe ou leur classe. Dans certains établissements, chants, décorations et passages symboliques complètent l’accueil.

Les chercheurs qui ont étudié ces cérémonies norvégiennes soulignent justement le caractère ritualisé de cette journée : l’enfant franchit une frontière très visible entre sa vie d’avant et sa nouvelle place d’écolier.

Vous retrouvez ici un ressort présent dans de nombreux pays de ce tour du monde : rendre le changement visible pour qu’un enfant puisse mieux le saisir. Son emploi du temps, lui, aura bien assez de semaines ensuite pour lui rappeler qu’il est effectivement entré à l’école.

Ce que toutes ces traditions montrent sur l’enfance

À première vue, une Schultüte allemande n’a pas grand-chose à voir avec un plateau de riz indien ou une cérémonie japonaise. Pourtant, toutes ces pratiques ont quelque chose de très proche.

Les adultes cherchent à donner une forme au changement. Un enfant ne mesure pas nécessairement ce que signifie « commencer sa scolarité ». Il comprend en revanche parfaitement qu’aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres lorsqu’on lui offre un objet inhabituel, que toute la famille l’accompagne, qu’une cérémonie est organisée ou qu’une cloche retentit devant l’école.

Les rituels créent également des souvenirs faciles à identifier. Des années plus tard, un ancien élève se souviendra de son énorme cornet en carton, de son bouquet de fleurs, de ses premiers caractères tracés dans le riz ou de la chanson entendue lors de son accueil.

Vous n’avez pourtant pas besoin d’importer une coutume étrangère telle quelle. Inspirez-vous plutôt de leur mécanique. Marquez la journée. Créez un repère. Prenez une photo au même endroit chaque année. Préparez un petit-déjeuner réservé au jour de la rentrée. Glissez une carte dans le cartable. Organisez un goûter au retour. L’enfant n’a pas besoin d’une production digne d’une cérémonie olympique. Ce qu’il retiendra en général, c’est cette sensation très simple : aujourd’hui comptait.