Lorsque j’étais enfant j’adorais ce jeu de mémoire simple et ludique, mais aussi très éducatif… mais je ne me rendais pas compte du côté éducatif, ça m’amusait tout simplement. Et ça m’amuse encore. Bien sûr, le jeu de memory n’est pas exactement un jeu que l’on peut définir comme « difficile », mais il y a quelque chose de charmant au sujet de sa simplicité. Donc, pour un peu d’amusement estival je vous propose de créer votre propre jeu en utilisant des bâtonnets de glace comme cartes de jeu.
Le Memory : un jeu qui a de la mémoire
On pourrait croire que le Memory est né un beau matin dans une boîte en carton. Mais son histoire est plus longue. Dès le XIXe siècle, des jeux de paires existaient déjà avec des cartes classiques : le principe consistait à retrouver deux cartes identiques ou correspondantes en faisant travailler sa mémoire. Autrement dit, bien avant les animaux rigolos, les fruits colorés et les personnages préférés des enfants, on retournait déjà des cartes en essayant désespérément de se rappeler où l’on avait aperçu leur jumelle !
Le Memory tel que nous le connaissons aujourd’hui prend forme dans les années 1950 grâce au Suisse Heinrich Hurter. Pour amuser ses petits-enfants, il fabrique lui-même un jeu avec des morceaux de carton et des images découpées dans des magazines et catalogues. Chaque image existe en deux exemplaires et les joueurs doivent retrouver les bonnes paires.
La recette fonctionne tellement bien en famille que son fils présente quelques années plus tard le jeu à l’éditeur allemand Otto Maier, devenu depuis Ravensburger. En 1959, le premier memory® est commercialisé.
Plus de soixante ans après, la règle n’a pas pris une ride. Vous posez les cartes face cachée, vous en retournez deux et, avec un peu de chance (et surtout une bonne mémoire) vous trouvez une paire. Sinon, vous les remettez en place et vous tentez de retenir leur emplacement pour le prochain tour. Simple sur le papier… jusqu’à ce qu’un enfant de cinq ans se souvienne parfaitement d’une carte retournée dix minutes plus tôt pendant que les adultes jurent qu’elle était « forcément dans ce coin-là ». C’est peut-être aussi pour cela que le Memory traverse si facilement les générations : quelques cartes suffisent pour lancer une partie.
Comment jouer au Memory : règles du jeu

But du jeu : le but d’une partie de memory est de collecter les paires correspondantes et d’en avoir le plus possible. Le joueur avec le plus de paires gagne la partie.
Ce qu’il vous faut : un jeu standard de cartes à jouer, une table ou une autre surface de jeu assez grande pour poser toutes les cartes et un siège confortable pour chaque joueur.
Deux joueurs ou plus. Le jeu peut également être joué seul.
Remarque : il y a aussi des jeux de memory spéciaux disponibles (comme ici) avec des images allant par paires. Ils ont un thème comme les poissons, les animaux ou les dessins-animés. Ceux-ci sont idéaux pour faire un jeu de memory avec des enfants très jeunes. C’est ce que je vous propose ci-dessous avec un jeu de memory estival à imprimer gratuitement et à réaliser chez vous avec vos enfants.
Règle du jeu : mélangez les cartes. Disposez les cartes face cachée en rangées formant un grand rectangle sur la table ou sur le sol. Les cartes ne doivent pas être en contact entre elles. Elles doivent pouvoir être retournées sans déranger les cartes autour.
Décidez qui va commencer. En général, c’est le plus jeune joueur qui commence. Le premier joueur choisit une carte et la regarde attentivement. Il sélectionne alors une autre carte et la retourne. Si les deux cartes sont une paire correspondante, par exemple deux as, alors le joueur prend les deux cartes et commence une pile. Le joueur recommence à nouveau et retourne deux autres cartes.
Si les cartes ne forment pas une paire, elles sont retournés face cachée et c’est au joueur suivant de jouer. Il choisit sa première carte et la retourne. Si elle est identique à l’une des cartes que le joueur précédent a retourné alors il essaie de se rappeler où était cette carte correspondante pour former une paire. S’il réussit à faire une paire, il place les cartes dans sa pile et choisit une autre carte.
Si la première carte retournée n’a pas de correspondance avec une carte précédemment tournée par un autre joueur, il sélectionne une autre carte au hasard pour essayer de former une paire.
S’il ne fait pas de paire, il retourne les cartes face cachée et le jeu de memory passe au joueur suivant.
Le jeu de memory continue de cette manière jusqu’à ce que toutes les cartes soient jouées.
Gagner la partie : une fois que toutes les cartes ont été jouées, le joueur qui a le plus de paires dans sa pile est le gagnant.
Plus difficile : pour augmenter un peu la difficulté de jeu, ajoutez la règle que les paires ne doivent pas seulement correspondre à la figure, mais doivent également correspondre à la couleur. Par exemple, un valet de trèfle et un valet de cœur ne vont pas compter comme une paire. Mais un valet de cœur et un valet de carreau conteront comme une paire.
Des variantes du Memory pour changer les règles
Le Memory classique fonctionne très bien tel quel, mais rien ne vous oblige à toujours jouer de la même façon. C’est même l’un des jeux les plus faciles à détourner. Il suffit de modifier une règle, de changer le type de cartes ou d’ajouter un petit défi pour donner l’impression de découvrir un nouveau jeu. J’aime beaucoup ces variantes de Memory parce qu’elles évitent aussi le fameux « encore le même jeu ? » lancé par un enfant qui connaît déjà chaque carte par cœur. Certaines versions sont plus faciles, d’autres demandent davantage de concentration et quelques-unes mettent joyeusement le bazar autour de la table.
Le Memory des quatre cartes
Voici une version qui demande une mémoire un peu plus solide. Au lieu de chercher des paires, les joueurs doivent réunir les quatre cartes d’une même valeur. Vous chercherez donc les quatre as, les quatre rois, les quatre dames et ainsi de suite.
À son tour, un joueur retourne deux cartes comme dans une partie classique. Lorsqu’il repère plusieurs cartes appartenant à la même famille, il doit mémoriser leur position jusqu’à pouvoir réunir les quatre. Vous pouvez aussi autoriser le joueur à retourner quatre cartes pendant son tour : s’il découvre quatre cartes identiques en valeur, il remporte la série.
Les parties deviennent forcément un peu plus corsées. Croire que l’on se souvient parfaitement de l’emplacement des quatre rois avant de découvrir que l’on a confondu le roi de pique avec un sept de trèfle est une expérience très formatrice pour l’ego.
Le Memory chronométré
Cette variante fonctionne très bien en solo.
Disposez les cartes face cachée et lancez un chronomètre. Le joueur doit retrouver toutes les paires le plus rapidement possible. Notez son temps puis recommencez quelques jours plus tard pour essayer de battre le précédent record.
Vous pouvez aussi compter le nombre de coups nécessaires pour terminer la partie. Dans ce cas, nul besoin de se dépêcher : le défi consiste plutôt à retrouver toutes les paires en retournant le moins de cartes possible.
Avec plusieurs enfants, chacun peut jouer sur la même disposition après avoir mélangé les cartes entre chaque passage.
Le Memory coopératif
Pour changer complètement l’ambiance, oubliez la compétition. Tout le monde joue dans la même équipe.
Les joueurs essaient ensemble de retrouver toutes les paires avant d’atteindre une limite fixée au début de la partie. Vous pouvez par exemple décider que le groupe dispose de trente tentatives.
Les enfants peuvent discuter entre eux : « Je crois que la deuxième dame était là », « Non, elle était près du bord ! ». Tout le monde observe donc chaque tour, même lorsque ce n’est pas à lui de retourner les cartes.
Cette version est sympa avec les plus jeunes ou lorsque les différences d’âge rendent les parties classiques un peu déséquilibrées.
Le Memory silencieux
Ici, interdiction de parler pendant la partie.
Cela paraît anodin jusqu’au moment où vous voyez quelqu’un retourner exactement la carte que vous aviez repérée deux tours auparavant et que vous devez lutter contre une envie irrépressible de crier : « Mais non, l’autre est juste à côté ! »
Vous pouvez autoriser les gestes, les grimaces et les regards dramatiques, ou décider que chacun doit garder un sérieux absolu.
Cette petite contrainte transforme facilement une partie tranquille en séance de mime improvisée.
Le Memory avec un défi à chaque paire
Préparez quelques petits défis avant de commencer la partie. Chaque fois qu’un joueur trouve une paire, il doit en réaliser un.
Il peut par exemple imiter un animal, faire trois sauts, réciter les mois de l’année, inventer un mot rigolo, tenir dix secondes sur un pied, chanter une chanson, marcher comme un crabe, sauter dix fois sur place ou raconter une mini-blague.
Avec des cartes illustrées, vous pouvez directement utiliser les images : si l’enfant retourne deux chats, il doit miauler ; avec deux grenouilles, il saute ; avec deux voitures, il imite un moteur ; avec deux lions, il rugit le plus fort possible, etc.
Le Memory devient alors un jeu beaucoup plus mouvementé.
Le Memory à thème
Vous pouvez créer vos propres cartes autour de presque n’importe quel sujet. Il suffit d’imprimer chaque image en deux exemplaires.
Animaux, dinosaures, fruits, fleurs, véhicules, émotions, personnages fantastiques, monuments, lettres ou nombres : le choix dépend surtout des goûts de vos enfants.
Vous pouvez même préparer un Memory lié à une fête d’anniversaire ou à une saison : citrouilles et fantômes pour Halloween, sapins et cadeaux pour Noël, coquillages et glaces pour l’été, etc. Et puisque les enfants adorent généralement les jeux de société qu’ils ont fabriqués eux-mêmes, laissez-les dessiner leurs propres paires sur des petits morceaux de carton.
Le Memory des associations
Les deux cartes d’une paire ne sont pas obligées d’être identiques. Elles peuvent simplement avoir un lien logique.
Vous pouvez associer un animal à son petit, un objet à son utilisation, une lettre majuscule à sa minuscule, un nombre à une quantité représentée par des points ou encore un pays à son drapeau. Pour les enfants qui apprennent à lire, vous pouvez aussi associer une image à son mot : une carte représente un chat et l’autre porte le mot « chat ». Cette variante change légèrement le mécanisme : il ne suffit plus de reconnaître deux images identiques, il faut également comprendre ce qui les relie.
Le Memory géant
Prenez de grandes feuilles ou des assiettes en carton et fabriquez des cartes XXL. Disposez-les ensuite au sol dans le salon ou, encore mieux, dans le jardin. Les enfants doivent se déplacer pour retourner leurs cartes.
Le jeu devient beaucoup plus physique et fonctionne bien lorsqu’un Memory traditionnel commence à sembler trop calme.
Le Memory caché dans la maison
Voilà une variante qui mélange jeu de mémoire et petite chasse au trésor.
Placez vos cartes face cachée dans différentes parties d’une pièce, ou même dans plusieurs pièces de la maison. Les joueurs doivent mémoriser non seulement les cartes déjà retournées, mais également l’endroit où elles se trouvent.
Une dame peut être sous une chaise, son double près du canapé et deux as derrière un coussin.
Vous pouvez définir une zone précise pour éviter que la partie ne se transforme en exploration complète de la maison.
Le Memory à trois cartes
Pourquoi toujours chercher deux cartes ? Pour cette version, chaque motif ou valeur apparaît trois fois.
Le joueur doit retrouver les trois cartes correspondantes pour les gagner. À chaque tour, il peut donc retourner trois cartes.
Cette variante est idéale lorsque les enfants maîtrisent très bien le Memory classique et réclament quelque chose d’un peu plus compliqué. Avec beaucoup de cartes, la table commence rapidement à ressembler à un sérieux exercice de mémoire.
Imprimer un jeu de Memory estival

Matériel : 2 feuilles de papier blanches au format A4 (21cm x 29,7cm), des bâtonnets de glace, une paire de ciseaux, du ruban adhésif double face, une imprimante couleur et vos mimines !
Tranche d’âge : les enfants peuvent réaliser eux-mêmes ce jeu de memory estival à partir de 7 ans. Et ce jeu de mémoire simple et éducatif peut se jouer avec des enfants partir de 3 ans
Téléchargez et imprimez les deux pages des glaces sur cet article : jeu de memory thème été à imprimer. Vous devez avoir deux exemplaire de chaque type de glace (soit 12 au total). Pour une meilleure durabilité, imprimez sur du papier épais.
Avant de commencer à découper vos différentes glaces en papier, gardez à l’esprit que vous devez être aussi précis que possible avec votre découpe pour que toutes les glaces soient aussi identiques que possible à l’arrière.